Hits Des Clips 1978 – Chic : Le Freak

Chic – Le Freak

Extrait du site : brain-magazine.fr

New-York, 31 dĂ©cembre 1977, devant l’entrĂ©e du Studio 54, alors qu’il fait un froid infernal et que la neige a recouvert la ville : Bernard Edwards et Nile Rodgers patientent dans la file d’attente interminable qui s’étend devant le club qui a ouvert le 2 mai dernier et dont le nom rĂ©sonne dĂ©jĂ  dans les oreilles des jet-setters tout autour du monde comme le symbole de tous les excès et extravagances inimaginables. Ce que confirmera des annĂ©es plus tard l’un des grands habituĂ©s du lieu nommĂ© Karl Lagerfeld : «Le Studio 54 a changĂ© la notion de clubbing. Une chose pareille n’avait jamais existĂ© avant, et j’ai bien peur que ça n’existe plus jamais». Ă€ cette Ă©poque, Bernard Edwards et Nile Rodgers ne sont pas encore les stars qu’ils vont devenir. La petite vingtaine, musiciens tous les deux, ils se sont rencontrĂ©s aux dĂ©buts des annĂ©es 70 via la mère de la petite amie d’alors de Nile avec l’idĂ©e de monter un groupe, mĂŞme si au premier abord, leur conception de la musique est radicalement diffĂ©rente l’un de l’autre. Nile, Ă©levĂ© dans une famille de hippies, et grand fan de Frank Zappa et Fairport Convention, rĂŞve d’un groupe de rock progressif, tandis que Bernard, dĂ©jĂ  mariĂ© et un enfant, ne jure que par le R’n’B et considère tout autre genre musical comme une trahison. «La première fois que j’ai appelĂ© Bernard, que je ne connaissais pas du tout, se souvient Nile, et que je lui ai dĂ©crit le genre de musique dont je rĂŞvais, il m’a raccrochĂ© au nez, avant de me hurler dessus d’oublier son numĂ©ro, qu’il ne souhaitait pas me parler plus longtemps, que je n’étais qu’un hippie et basta ! »

Ă€ l’époque, musiciens dĂ©butants tous les deux, Bernard et Nile, font partie de ce qu’on appelle le «Chitlin’ circuit», un parcours dont l’origine remonte Ă  la sĂ©grĂ©gation raciale aux États-Unis, qui a persistĂ© jusque dans les annĂ©es 70 et oĂą se retrouvent tout autour du pays nombre de musiciens afro-amĂ©ricains qui jouent des nuits entières pour des cachets ridicules. Lorsqu’ils se retrouvent par hasard quelques semaines plus tard Ă  jouer ensemble, sans vraiment savoir qui ils sont, le courant est immĂ©diat. ArmĂ©s de rĂ©fĂ©rences qui allient la sophistication de Roxy Music au freak show de Kiss et Ă  la mode du disco qui est omniprĂ©sent Ă  cette pĂ©riode, les deux compères dĂ©cident de monter un groupe. Après s’être appelĂ© Big Apple Band, le duo va finalement opter – Ă  raison – pour Chic qui reprĂ©sente parfaitement l’image que veut donner le groupe, qui s’entoure du batteur Tony Thompson et des chanteuses Norma Jean et Alfa Anderson. En sortent l’annĂ©e 1977 deux singles, Everybody Dance et Dance Dance Dance, qui posent les bases du son qui va faire la rĂ©putation de Chic : une guitare funky en diable, un rythme disco 4/4, des mĂ©lodies gavĂ©es de sucre et des lyrics rĂ©duits Ă  leur fonction primaire – danser, baiser, se droguer et plus si affinitĂ©s.

Ce soir du 31 décembre 1977, Grace Jones, ex-mannequin androgyne et sculptural qui s’est reconvertie à l’aide du DJ Tom Moulton dans le disco, et qui cartonne avec sa version boule à facettes de La vie en rose, faisant à merveille le pont entre le Studio 54 de New-York et le Palace parisien, a décidé de changer de direction musicale après trois albums. Fine oreille comme toujours tout au long sa carrière, alertée par les deux singles récents de Chic, Grace a décidé de rencontrer les jeunes producteurs, Nile, ses dreads et sa dégaine de voyou, et Bernard, moins volubile et plus BCBG. Dans sa biographie, la diva, qui est à cette époque un personnage incontournable du Studio 54, raconte : «Je voulais qu’ils produisent mon album suivant : comme toujours, je souhaitais travailler avec les meilleurs. Il faisait très froid et il neigeait : ils avaient tous deux revêtu leur plus beau costume, en bon princes du disco s’apprêtant à faire leur entrée dans l’antre même de leur musique. Tout s’annonçait bien. Bien qu’ils n’aient pas totalement percés, ils étaient déjà très populaires. Leurs noms ne figuraient pas sur la guest list. C’était apparemment ma faute. J’étais certaine d’avoir inscrit leurs noms sur la liste, mais je pense qu’à ce point de remplissage, ils ne laissaient plus entrer personne, pas même par la porte des célébrités. Elvis lui-même n’aurait pas pu entrer. Ils étaient là, dans le froid, à dire que je les avais invités, mais le portier n’a rien voulu entendre. Il leur a dit d’aller ses faire voir (fuck off). Ce «fuck off» a résonné à leurs oreilles. On passait leur musique à l’intérieur, mais eux s’en voyaient refuser l’entrée».

Chic en 1977. (De gauche Ă  droite) Bernard Edwards, Norma Jean Wright, Nile Rodgers et Tony thompson.

Furax, Nile et Bernard, qui ont salopĂ© leurs chaussures en cuir avec la neige et qui se sont ruinĂ©s pour s’acheter un costume digne de ce nom alors qu’ils ne roulent vraiment pas sur l’or, dĂ©cident de terminer la soirĂ©e chez Nile, non sans s’être arrĂŞtĂ©s chez un Ă©picier ouvert la nuit et avoir achetĂ© quelques bouteilles de champagne en guise de munitions. «J’avais ce riff de guitare si caractĂ©ristique en tĂŞte, et Bernard et moi avons commencĂ© Ă  jammer avec», se souvient Nile. «J’avais aussi en tĂŞte le « Sunshine Of Love » de Cream que j’adorais, et tout en jouant, on a commencĂ© Ă  chanter par dessus des « Fuck Off ! Fuck Studio 54 ! » rĂ©pĂ©tĂ©s en boucle… et la chanson a jailli comme ça. C’était un peu un protest song – le morceau avait du potentiel, je pensais que ça pourrait devenir un tube, un message pour tous ces gens qui se font passer devant par un taxi qu’ils ont hĂ©lĂ©, et que ça permettrait aussi aux enfants de dire merde Ă  leurs parents tout en prĂ©textant ne faire que chanter le titre de Chic !» Quelques jours plus tard, l’évĂ©nement malheureux digĂ©rĂ©, les deux compères rĂ©Ă©coutent le morceau. Nile se souvient : «Roger, dans son infinie sagesse comme d’habitude, me dit qu’avec des paroles comme « Fuck Off », la censure Ă  la radio nous pend au nez, et qu’il serait plus intelligent de replacer « Fuck Off » par « Freak Off ». En mĂŞme temps, je ne suis pas très convaincu par « Freak Off » et lĂ , mon cĂ´tĂ© vieil hippie ressort, et je dis Ă  Bernard : tu sais ce qu’on appelle « Freak Out » ? C’est quand un mec prend de l’acide et qu’il fait un mauvais trip, ou quand tu vas en club et que tu es dĂ©chaĂ®nĂ© sur le dancefloor. Et lĂ , Bernard me rĂ©pond : « Je vois très bien, mes gosses en ce moment sont fans de ce qu’ils appellent la freak dance »».

La suite, on la connaĂ®t : Le Freak, troisième single de Chic, se classe numĂ©ro un du Billboard et des charts R’n’B, devient l’un des plus gros classiques de la pĂ©riode disco, un habituĂ© des karaokĂ©s et de bar Mitzvah, et depuis, il aura fait danser plus de trois gĂ©nĂ©rations en s’Ă©tant Ă©coulĂ© Ă  plus de sept millions d’exemplaires. Il sera aussi devenu une rampe de lancement en or pour le duo, qui va exploser Ă  travers Chic, mais aussi pour le groupe Sister Sledge, Ă  qui ils vont offrir sur un plateau l’album We Are Family, classique en or massif du disco, avant de redonner une jeunesse Ă  Diana Ross avec l’incontournable Diana, puis collaborer, en duo ou chacun de leur cĂ´tĂ©, avec Madonna, Michael Jackson, David Bowie, Prince ou Mick Jagger et… Grace Jones. Mais surtout, Le Freak restera comme l’un des tubes les plus jouĂ©s au Studio 54, parfait rĂ©sumĂ© de l’ambiance fric et freak du lieu, et la porte VIP du club ne se refermera plus jamais sur le duo, qui y trouvera ses aises de longues annĂ©es. Notamment Nile, le dĂ©chaĂ®nĂ© du duo, qu’on trouvait la plupart du temps aux alentours des toilettes pour filles : «Je leur filais des lignes de coke, on finissait Ă  baiser dans les toilettes, ou parfois, je me faisais sucer par deux meufs Ă  la fois. C’était ça le Studio 54, et ce qui a fait sa lĂ©gende !».

« Le Freak C’est Chic » a Ă©tĂ© mĂŞme repris dans l’Ă©pisode 13 de la saison 1 « Un fin psychologue » de la sĂ©rie TV Arnold et Willy. Au dĂ©but de l’Ă©pisode, Willy et sa demi-sĹ“ur Virginia dansaient sur ce tube. 

En 2015 Niles Rodgers devenait musicien de rue Ă  Londres

VU SUR LE WEB : Niles Rodgers musicien de rue Ă  Londres

Faisant suite Ă  un concert donnĂ© la veille Ă  Hyde Park, l’ex guitariste de Chic Niles Rodgers s’est fait plaisir en revenant le lendemain dans le mĂŞme lieu pour y rejouer un supplĂ©ment. Un beau cadeau pour les passants.

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Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Have you heard about the new dance craze?
Listen to us, I’m sure you’ll be amazed
Big fun to be had by everyone
It’s up to you, it surely can be done

Young and old are doing it, I’m told
Just one try and you too will be sold
It’s called ‘Le Freak’, they’re doing it night and day
Allow us, we’ll show you the way

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

All that pressure got you down
Has your head been spinning all around?
Feel the rhythm, check the rhyme
Come on along and have a real good time

Like the days of Stomping at the Savoy
Now we « freak, » oh, what a joy
Just come on down to the 54
Find your spot out on the floor

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Now freak
I said freak
Now freak

All that pressure got you down
Has your head been spinning all around?
Feel the rhythm, check the rhyme
Come on along and have a real good time

Like the days of Stomping at the Savoy
Now we « freak, » oh, what a joy
Just come on down to the 54
Find your spot out on the floor

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!
Ah, freak out!
Le freak, c’est chic
Freak out!

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